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Victorien Sardou
Victorien Sardou en 1880.
Fonction
Fauteuil 9 de l'Académie française
-
Joseph Autran
Marcel Prévost
Biographie
Naissance
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Ancien 9e arrondissement de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
17 arrondissement de Paris
Sépulture
Marly-le-RoiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Victorien Léandre Sardou
Pseudonyme
Jules PélissiéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Écrivain, dramaturge, librettisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Antoine-Léandre SardouVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Eveline Viard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Pierre Sardou
Geneviève Sardou (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Château du VerduronVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Académie française (-)
Commission des antiquités et des arts du département de Seine-et-Oise (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Grand-croix de la Légion d'honneur?Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Victorien Sardou
Signature.
Plaque commémorative.
Tombeau de Victorien Sardou au cimetière de Marly-le-Roi
Victorien Sardou.

Victorien Sardou, né le à Paris et mort le à Paris 17, est un auteur dramatique français, membre perpétuel de l'Académie français, également connu pour ses eaux-fortes médiumniques.

Biographie

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Né au 16 rue Beautreillis à Paris, Victorien Léandre Sardou est issu d'une famille provençale qui possède une oliveraie au Cannet, près de Cannes. Lors d'un hiver particulièrement rigoureux, le gel tue tous les oliviers et ruine la famille. Le père de Victorien, Antoine Léandre Sardou, s'installe à Paris, où il est successivement comptable, professeur de comptabilité, directeur d'école et précepteur, tout en publiant des manuels de grammaire, des dictionnaires et des traités sur divers sujets.

Comme il gagne très insuffisamment sa vie, Victorien doit se débrouiller seul et est contraint, par manque d'argent, d'interrompre les études de médecine qu'il avait entreprises. Il survit en enseignant le français à des élèves étrangers, en donnant des leçons de latin, d'histoire et de mathématiques et en écrivant des articles pour des encyclopédies populaires. Dans le même temps, il s'efforce de percer dans les lettres. Ses premiers essais sont soutenus par Madame de Bawr, qui avait eu quelque crédit sous la Restauration. Il s'efforce d'attirer l'attention de Rachel en lui soumettant un drame, La Reine Ulfra, basé sur une ancienne chronique suédoise.

Ses débuts sont particulièrement difficiles. Sa pièce La Taverne des étudiants est représentée à l'Odéon le , mais reçoit un accueil orageux, car la rumeur avait couru que l'auteur avait été engagé par le gouvernement pour provoquer les étudiants. La pièce est retirée après cinq représentations.

Un autre drame, Bernard Palissy, est accepté à l'Odéon, mais un changement de direction annule l'engagement. Une pièce à sujet canadien, Fleur de Liane, faillit être jouée à l'Ambigu, mais la mort du directeur de ce théâtre fait échouer le projet. Le Bossu, écrit pour Charles Albert Fechter, ne plaît pas à l'acteur et, lorsque la pièce finit par être représentée avec succès, c'est, par suite d'une erreur, sous le nom de quelqu'un d'autre. Paris à l'envers, soumise à Adolphe Lemoine dit Montigny, directeur du Gymnase, est rejetée par celui-ci, sur le conseil d'Eugène Scribe, lequel trouve révoltante la scène d'amour qui devait devenir célèbre dans Nos Intimes.

Sardou se trouve plongé dans la plus noire misère, et ses malheurs culminent avec une attaque de fièvre typhoïde qui manque de l'emporter. Il est malade dans son galetas, entouré de ses manuscrits rejetés, lorsqu'une voisine lui porte secours. Elle s'appelle M de Brécourt et a des relations dans le monde du théâtre, notamment l'actrice Virginie Déjazet, dont elle est une intime. Quand il est rétabli, elle le présente à son amie, qui s'entiche du jeune auteur. La comédienne, déjà âgée, lui achète en 1859 un théâtre, « Les Folies Déjazet », 41 boulevard du Temple, bientôt rebaptisé « Théâtre Déjazet ». Pour en soutenir les frais d'exploitation, elle va jusqu'à reprendre ses tournées à travers l'Europe. Candide, la première pièce écrite pour Virginie Déjazet, est interdite par la censure, mais les trois pièces suivantes, écrites quasiment coup sur coup ? Les Premières Armes de Figaro (en collaboration avec le prolifique Louis-Émile Vanderburch arrivant en fin de carrière), Monsieur Garat, Les Prés Saint-Gervais ? ont un grand succès. Il en va de même avec Les Pattes de mouche (1860), qui sont données au Gymnase.

Victorien Sardou fait rapidement jeu égal avec les deux maîtres du théâtre d'alors, Émile Augier et Alexandre Dumas fils. S'il n'a pas le sens du comique, l'éloquence et la force morale du premier, la conviction passionnée et l'esprit piquant du second, il est un maître du dialogue, et ses répliques s'enchaînent avec esprit. Il applique les principes constructifs de Scribe, combinant les trois genres classiques ? comédie de caractère, de m?urs ou d'intrigue ? avec le drame bourgeois. Il montre autant d'habileté que son maître pour assembler ces éléments en des pièces solides et bien faites, tout en les tournant plus largement vers la satire sociale.

Il moque la bourgeoisie égoïste et vulgaire dans Nos intimes ! (1861), les vieux célibataires dans Les Vieux Garçons (1865), les Tartuffes modernes dans Séraphine (1868), les paysans dans Nos Bons Villageois (1866), les vieilles coutumes et les principes politiques démodés dans Les Ganaches (1862), l'esprit révolutionnaire et ceux qui en vivent dans Rabagas (1872) et Le Roi Carotte (1872, opéra-bouffe-féerie sur une musique d'Offenbach), le divorce dans Divorçons ! (1880) et Daniel Rochat (1884).

Fédora (1882) est écrite spécialement pour Sarah Bernhardt, à l'instar de nombre de ses pièces ultérieures. Il se renouvelle en introduisant dans ses pièces un élément historique, généralement superficiel : il emprunte Théodora (1884) aux chroniques byzantines et La Haine (1874) aux chroniques italiennes, tandis qu'il situe La Duchesse d'Athènes dans la Grèce médiévale. Patrie (1869) évoque le soulèvement des paysans hollandais à la fin du XVI siècle tandis que La Sorcière (1904) se déroule en Espagne au XVI siècle. La Révolution française, la Terreur et le Directoire servent de cadre à plusieurs pièces : Les Merveilleuses (1873), Paméla, marchande de frivolités (1898), Thermidor (en) (1891), et Robespierre (1899) écrite spécialement pour Sir Henry Irving. Thermidor déclencha la polémique à la Comédie-Française au point d'être interdite par le préfet de police, l'affaire est portée jusque dans la chambre des députés. L'épopée impériale revit dans La Tosca (1887) et Madame Sans-Gêne (1893). Il donne également Dante (1903), le vaudeville La Piste (1905) et L'Affaire des poisons (1907).

Pamela, marchande de frivolités en 1898 au Théâtre du Vaudeville. De gauche à droite : Suzanne Avril (Madame Atkins), Pierre Magnier (Bergerin), Réjane (Pamela), Camille-Gabrielle Drunzer (Joséphine) et Aimée Martial (Madame Tallien).

En 1870-1871, il est brièvement maire de Marly-le-Roi, où il habite le château du Verduron. En 1877, il est élu membre de l'Académie française, où il côtoie entre autres le duc d'Aumale et Albert Sorel : « (?) auprès de lui, que pesait le clinquant de Sardou, papillonnant dans le bric-à brac du décor historique ? Cet habile fureteur faisait figure de grand homme de théâtre, de grand écrivain, comme Detaille de grand peintre, Claretie de grand chroniqueur. » Il raconte, dans un article, comment il a participé à la destitution de l'armée aux Tuileries le 4 septembre 1870 avec Armand Gouzien.

Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur par un décret du .

Il meurt le à son domicile du 64 boulevard de Courcelles à Paris 17.

En 1932, 24 ans après sa mort, est publié le roman Carlin, resté pendant 75 ans à l'état de manuscrit.

  1. ? Jules Claretie, Victorien Sardou, (lire en ligne), p. 11
  2. ? Marion Pouffary, « 1891, l'affaire Thermidor », Histoire, économie et société, vol. 28 année,‎ , p. 87-108 (lire en ligne).
  3. ? « Du Vaudeville au Boulevard : La Piste, pièce de la réconciliation » de Noëlle Benhamou in Victorien Sardou, un siècle plus tard, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, .
  4. ? Anciens maires, publié sur le site de la Mairie de Marly-le-Roi (consulté le 24 décembre 2017).
  5. ? Victorien Sardou sur le site de l'Académie française.
  6. ? Robert Burnand, Le Duc d'Aumale et son temps, Librairie Hachette, 1949, p. 226.
  7. ? Victorien Sardou, « Comment j'ai pris les Tuileries, le 4 septembre », La Lecture, t. 9,‎ , p. 449.
  8. ? Jean Claude Margolin, Recherches érasmiennes, Librairie Droz, 1969, chapitre Sardou traducteur des Colloques d'Erasme p. 131.
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