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| Fauteuil 3 de l'Académie française | |
|---|---|
| depuis le | |
Jean-Denis Bredin |
| Naissance |
ou Theniet El Had |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
?????? ?????? |
| Nationalités |
française (depuis ) algérienne |
| Domicile |
Boumerdès |
| Formation |
École nationale polytechnique d'Alger |
| Activités |
Écrivain, chef d'entreprise, haut fonctionnaire, enseignant, ingénieur, essayiste |
| Père |
Abdelkader Sansal (d) |
| Mère |
Khadidja Sansal (d) |
| Conjoint |
Naziha Sansal (d) |
| Enfants |
| Membre de |
Académie des sciences d'outre-mer () Académie française () |
|---|---|
| Distinction |
prix du premier roman prix Tropiques prix Michel-Dard grand prix RTL-Lire grand prix de la francophonie prix Nessim-Habif de l'Académie royale de Belgique prix Louis-Guilloux prix de la paix des libraires allemands prix du Roman-News prix du roman arabe prix Édouard-Glissant (2007) chevalier des Arts et des Lettres (2012) grand prix de la francophonie de l'Académie française (2013) grand prix du roman de la Société des gens de lettres (2008) médaille d'or de la Renaissance française (2014) docteur honoris causa de l'ENS Lyon (2013) grand prix du roman de l'Académie française (2015) prix international de la laïcité (France, 2018) membre associé de l'Académie des sciences d'outre-mer (2020) prix Méditerranée (2021) membre de l'académie franco-allemande à Paris prix de la Licra Paris (2023) prix Constantinople (2023) Prix mondial Cino-Del-Duca et Prix Renaudot du livre de poche (2025) |
Le Serment des barbares, Poste restante : Alger, lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes, L'Enfant fou de l'arbre creux, Le Village de l'Allemand, 2084 : la fin du monde |
Boualem Sansal (en arabe : ?????? ?????, en tamazight : Bu?lam Sen?al; ?????? ??????), né le 15 octobre à Theniet El Had (Algérie), est un écrivain algérien naturalisé français.
Il est le lauréat du grand prix du roman de l'Académie française en 2015 pour son roman 2084 : la fin du monde.
Il est incarcéré le pendant près d'un an en Algérie, après avoir obtenu la nationalité française en , et quelques semaines après avoir contesté les frontières actuelles du pays avec le Maroc dans le média français d'extrême droite Frontières. Le , il est condamné à une peine de cinq ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars. Il est gracié par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le , sur demande de l'Allemagne.
Il est élu au fauteuil n 3 de l'Académie française le .
Boualem Sansal est né dans un village des monts de l'Ouarsenis en Algérie. L'année de sa naissance est incertaine. Selon son éditeur Antoine Gallimard, bien que Sansal déclare être né en 1949, il se serait en réalité « retranché cinq ans », « par coquetterie ».
Son père, Abdelkader Sansal, est d'origine marocaine et issu d'une famille de la région du Rif au Maroc, laquelle s'installe en Algérie. Sa mère algérienne, Khadidja Benallouche, a reçu une instruction et une éducation occidentale. Il passe une partie de son enfance dans le quartier Belcourt à Alger.
Boualem Sansal a une formation d'ingénieur de l'École nationale polytechnique d'Alger ainsi qu'un doctorat en économie. Il a été enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien.
Boualem Sansal rencontre sa première femme Anicka, une étudiante tchèque en anthropologie, dans le cadre d'un échange universitaire avec la Tchécoslovaquie dans les années 1960. Ils se marient et s'installent à Boumerdès, une ville côtière située à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger, où naissent leurs deux filles, Nawal, en 1971, et Sabeha en 1975. En raison de la mixité de leurs parents, les enfants sont soumises dès leur petite enfance à un programme d'islamisation. Pour y échapper, sa femme et ses filles vont vivre à Prague et Sansal multiplie les allers-retours. Leur couple n'y résiste pas.
Il épouse ensuite Naziha, enseignante de mathématiques à Boumerdès, qui est poussée à démissionner quand Boualem Sansal est limogé en 2003, suite à ses prises de positions contre le gouvernement, et vilipendée après la venue de l'écrivain au Salon du Livre de Jérusalem en 2012. En 2024, elle est gravement malade et reçoit des soins en France.
En novembre 2024, il est arrêté et incarcéré à Alger, jugé et condamné à cinq ans de prison. Un an plus tard, le 12 novembre 2025, il est gracié suite aux interventions diplomatiques de l'Allemagne. Libéré, il est transféré le jour même à Berlin pour y recevoir des soins médicaux avant de rentrer en France le 18 novembre 2025.
Il annonce être atteint d'un cancer de la prostate et souffrir de séquelles physiques et psychologiques suite à son incarcération.
Boualem Sansal, bien que grand lecteur, ne se voue pas à l'écriture mais sous les encouragements de son ami Rachid Mimouni, il commence à écrire en 1997, en réaction contre le terrorisme islamiste, alors que la guerre civile algérienne (la « décennie noire ») bat son plein. Il cherche à entrer dans l'esprit de ses compatriotes pour tenter de comprendre puis d'expliquer ce qui a mené à l'impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l'islamisme.
Son premier ouvrage, Le Serment des barbares, connaît un succès de librairie : Sansal est invité au printemps 2000 au Festival du premier roman de Chambéry et, en été, au festival Les Nuits & les Jours de Querbes.
En 2003, Boualem Sansal est l'un des rescapés du séisme meurtrier qui touche sa région à Boumerdès. Après avoir été porté disparu pendant un certain temps, il est retrouvé à la suite d'un appel lancé par la télévision algérienne.
La même année, c'est en France qu'est publié son troisième roman, Dis-moi le paradis, description de l'Algérie postcoloniale, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumédiène, dénonçant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l'industrie et de la politique, l'incapacité à gérer le chaos qui a suivi l'indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Il critique également l'arabisation de l'enseignement.
Selon El Hachemi Djaâboub, alors ministre de l'Industrie, Boualem Sansal a été limogé en raison de son absence fréquente et de ses déplacements à l'étranger non justifiés. Il ne s'est pas retiré de ce ministère par opposition à la politique menée par le gouvernement algérien.
En 2005, s'inspirant de son histoire personnelle, Sansal écrit Harraga (harrag signifie « brûleur de route », surnom donné à ceux qui partent d'Algérie, souvent en radeau, dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne).
En 2006, son livre Poste restante, Alger, une lettre ouverte à ses compatriotes, est censuré en Algérie. Après la publication de ce pamphlet, il est menacé et insulté, mais il décide de rester en Algérie. En 2007, il publie Petit éloge de la mémoire, récit épique de l'aventure berbère.
Son roman Le Village de l'Allemand, publié en , est également censuré en Algérie, car il établit un parallèle entre islamisme et nazisme. L'ouvrage raconte l'histoire de Hans Schiller, un ancien membre de la SS qui fuit en Égypte après la défaite allemande et se retrouve ensuite à soutenir l'Armée de libération nationale (FLN), avant de devenir un héros de guerre et de se retirer dans un petit village isolé. Le livre s'inspire d'une histoire authentique, découverte dans les années 1980.

Ses livres, publiés en France, sont librement vendus en Algérie. Cependant, l'auteur y déclenche une controverse, notamment depuis sa visite au Salon du livre de Jérusalem (he) en 2011. Cette participation suscite de nombreuses critiques dans le monde arabe.
Lors de la Berlinale 2012, il est membre du jury de Mike Leigh. Il y côtoie Barbara Sukowa, François Ozon, Jake Gyllenhaal, Charlotte Gainsbourg, Asghar Farhadi et Anton Corbijn.
En 2018, il participe à l'écriture d'un ouvrage commun, Le Nouvel Antisémitisme en France, sous la direction de Philippe Val, dans lequel il écrit que le gouvernement français participe « au plan de conquête de la planète par la soumission de ses habitants à l'islam », ce que lui reproche Nicolas Lebourg, chercheur et membre de l'Observatoire des radicalités politiques de la fondation Jean-Jaurès.
Il est naturalisé français par le président de la République, Emmanuel Macron, en 2024. Selon son ami Xavier Driencourt, il cherche alors à « s'installer en France », où son épouse est hospitalisée.
Alors que l'hebdomadaire français Télérama le décrit comme un intellectuel issu « de la gauche laïque algérienne », en 2024 il est porté aux nues par une partie de l'extrême droite française. D'après le média RFI, Boualem Sansal aurait même fait partie du comité éditorial du média français d'extrême droite Frontières, mais l'écrivain dément cette information, à sa sortie de prison en . Il affirme qu'il a effectivement été invité par son ami Xavier Driencourt à participer au « comité stratégique », mais qu'il ne connaissait pas le journal Frontières. Il a participé à une seule réunion. « C'est seulement plus tard que j'ai découvert ce que c'était. Je n'ai fait aucun scandale ; je n'y suis plus jamais retourné, c'est tout. »
Selon la revue Moyen-Orient, les liens de l'écrivain avec les courants xénophobes sont plus anciens. Son premier ouvrage bénéficie d'un accueil favorable dans une partie de la presse conservatrice. Dès ses premiers entretiens accordés à la presse française, Boualem Sansal dresse un portrait très critique de la jeunesse algérienne, qu'il décrit comme confrontée à la drogue, à la violence, à l'islamisme et à une « arabisation à marche forcée ». Il exprime, dans Le Quotidien d'Oran, son soutien aux privatisations et au renforcement des liens avec la France.
L'écrivain participe à plusieurs événements organisés par des milieux nostalgiques de l'Algérie française. En 2006, il intervient au Forum algérianiste du livre à Toulouse, organisé par le Cercle algérianiste. En 2010, il participe à une rencontre à Béziers aux côtés de Frédéric Pons, alors rédacteur en chef de Valeurs actuelles. En 2012, il reçoit des lecteurs de cet hebdomadaire à son domicile, après y avoir accordé un entretien.
Certaines de ses prises de position sont saluées par des figures de la droite et de l'extrême droite françaises. En 2013, Éric Zemmour fait l'éloge de son essai Gouverner au nom d'Allah dans Le Figaro. Après les attentats de janvier 2015, Sansal publie une tribune dans ce même quotidien, dans laquelle il exprime ses inquiétudes sur l'islamisme et l'avenir de la société française. Dans son roman Le Village de l'Allemand, il établit un parallèle entre islamisme et nazisme. Ce positionnement est interprété par le philosophe Pierre-André Taguieff comme une description directe de ce qu'il considère être un processus d'islamisation de la société française.
En mars 2008, alors que le Salon du livre de Paris met à l'honneur l'État d'Israël, il dénonce dans Le Figaro les appels au boycott. En mai 2012, il est l'invité d'honneur du Festival international des écrivains à Jérusalem.
Dans Le Monde des livres en 2018, il assume une convergence de vues avec la Britannique Bat Ye'or, autrice de Eurabia : l'axe euro-arabe. Certains médias font régulièrement un rapprochement entre ses positions et celles de l'essayiste français Eric Zemmour, avec lequel il partage un diagnostic de « déclin » de l'Europe et des inquiétudes liées à l'islamisme. Sansal déclare que ce dernier dit « des choses d'une justesse parfaite » au sujet de l'islam et de l'islamisme.
À sa descente d'un avion à l'aéroport d'Alger, le , Boualem Sansal est arrêté par la police algérienne et placé sous mandat de dépôt dans une unité pénitentiaire de l'hôpital Mustapha-Pacha d'Alger.
Une information judiciaire est ouverte contre l'écrivain pour « atteinte à l'unité nationale ». Il est poursuivi en vertu de l'article 87 bis du Code pénal algérien, qui sanctionne « comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État, l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions ». Cette inculpation est liée à des déclarations faites au média d'extrême droite Frontières, où il reprend la thèse marocaine selon laquelle une partie de l'Ouest algérien aurait historiquement appartenu au Maroc : « Quand la France a colonisé l'Algérie, toute la partie ouest de l'Algérie faisait partie du Maroc : Tlemcen, Oran et même jusqu'à Mascara. Toute cette région faisait partie du royaume. »
Le 11 décembre 2024, la demande de libération de Boualem Sansal est rejetée par la cour d'appel d'Alger.
Son avocat français, François Zimeray, ne parvient pas à obtenir de visa pour l'Algérie afin de rendre visite à son client, ni avoir accès à son dossier et considère que « la défense de Boualem Sansal est aujourd'hui impossible ». Il veut en appeler à l'ONU et saisir l'Union africaine à ce sujet. Victime d'une violente campagne antisémite de dénigrement par la presse algérienne, il est déconsidéré par les autorités algériennes qui conseillent à Boualem Sansal de prendre « un avocat français non juif » pour le défendre, qui aurait plus de chance d'obtenir un visa.
Le , Boualem Sansal comparaît devant un juge du tribunal de Dar El Beïda. Selon plusieurs médias, un second chef d'inculpation est ajouté : « intelligence avec des parties étrangères ». D'après Ennahar, il est accusé d'avoir transmis à des ambassadeurs de France en Algérie des informations sensibles d'ordre sécuritaire et économique.
Le , le parquet requiert dix ans de prison et une amende d'un million de dinars (environ 6 887 euros). Lors des audiences, Boualem Sansal apparaît en bonne condition physique et assume sa propre défense. Il ne nie pas les faits qui lui sont reprochés, mais conteste leur qualification pénale, estimant qu'ils relèvent de sa liberté d'expression. Les échanges retrouvés dans sa messagerie avec deux ambassadeurs français sont également évoqués.
Le , Sansal est condamné à cinq ans de prison ferme et à 500 000 dinars d'amende (environ 3 500 euros). Le , François Zimeray annonce que l'écrivain interjette appel. L'avocat précise que « L'appel ne fait pas obstacle à l'application du droit de grâce, en vertu de l'article 91 de la Constitution algérienne ».
Le procès en appel se tient le . De santé fragile, jugé seul après avoir refusé les avocats commis d'office, il est de nouveau requis dix ans de prison contre lui. Sansal déclare à la barre : « La Constitution garantit la liberté d'expression et de conscience et pourtant je suis là. »
Le , défendu par l'avocat Pierre Cornut-Gentille, la cour d'appel d'Alger confirme la peine de cinq ans de prison.
Le , Boualem Sansal est gracié par le président Abdelmadjid Tebboune, à la suite d'une demande du président allemand Frank-Walter Steinmeier et immédiatement libéré.


Le , le président Abdelmadjid Tebboune commente pour la première fois l'affaire, qualifiant Boualem Sansal « d'imposteur envoyé par la France ». Le , le président Emmanuel Macron estime que l'Algérie « entre dans une histoire qui la déshonore » en maintenant en détention l'écrivain âgé et malade.
Interrogé par L'Opinion, le président algérien affirme qu'il ne s'agit pas « d'un problème algérien », mais d'une affaire relevant de « ceux qui l'ont créé ». Il juge que cette mobilisation vise à « mobiliser contre l'Algérie », et rappelle que Boualem Sansal ne pouvait recevoir une visite consulaire puisqu'il est « avant tout algérien ». Il précise que l'écrivain bénéficie d'un suivi médical et qu'il peut communiquer régulièrement avec sa femme et sa fille.
En Belgique, la Chambre des représentants adopte à l'unanimité, en , une résolution demandant sa libération immédiate et inconditionnelle.
En février 2025, le président français Emmanuel Macron appelle le président algérien Tebboune pour relancer le dialogue entre les deux pays et notamment, évoquer le sort de Boualem Sansal. En août de la même année, Emmanuel Macron appelle à des mesures de rétorsion plus fortes contre l'Algérie, invoquant notamment l'incarcération prolongée de Boualem Sansal et celle du journaliste Christophe Gleizes.
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier sollicite officiellement la libération de l'écrivain. Le , Abdelmadjid Tebboune annonce accepter cette demande « en raison de sa nature et de ses motifs humanitaires ».
En Algérie, l'annonce de l'arrestation suscite peu de réactions. TSA estime que nombre d'Algériens reprochent à Sansal ses prises de position perçues comme proches de l'extrême droite française ainsi qu'un alignement sur les thèses marocaines, dans un contexte de tension croissante entre les deux pays. Sur les réseaux sociaux algériens, il est « diabolisé » et considéré comme un « ennemi public ». Le journal El Watan accuse l'écrivain d'avoir symboliquement « cédé » une partie du territoire algérien dans ses déclarations, et affirme qu'il aurait servi d'indicateur pour « sonder » la fermeté de l'État concernant la souveraineté nationale.
En mai 2025, l'écrivain Yasmina Khadra demande sa libération lors d'un entretien avec le président Tebboune. Début juin, l'écrivain Rachid Boudjedra le qualifie d'« homme du système algérien choyé en bureaucrate docile » et affirme qu'il a bénéficié d'avantages pour construire une villa dans un site protégé à Zemmouri.
Amnesty International, le Pen Club et Reporters sans frontières condamnent son arrestation et réclament sa libération. Pour Bassam Khawaja (Human Rights Watch), l'affaire Sansal « illustre bien la répression qui sévit en Algérie, contre ceux qui critiquent les autorités ou expriment des opinions qui leur déplaisent ».
Dès novembre 2024, les éditions Gallimard, son éditeur de longue date, ont appelé publiquement à la libération de Boualem Sansal et exprimé leur inquiétude face à sa détention. Dans un communiqué, elles dénoncent l'arbitraire de son incarcération et rappellent l'importance de la liberté d'expression et de création pour la littérature francophone.
Le , l'Académie française publie un communiqué exprimant son «?espoir?» de voir Boualem Sansal libéré rapidement. Elle rappelle avoir déjà récompensé l'écrivain à deux reprises et souligne que sa «?voix singulière?» lui est précieuse.
La Société des gens de lettres (SGDL) se joint en janvier 2025 au mouvement de soutien, appelant à la libération de Boualem Sansal. Elle dénonce également un emprisonnement « arbitraire » et rappelle que la liberté d'expression et la liberté de création sont « au fondement de notre démocratie et de notre modèle culturel ».
En février 2025, les éditions Gallimard et l'Institut du monde arabe organisent une soirée de solidarité en faveur de Boualem Sansal, rassemblant des écrivains et personnalités du monde littéraire et culturel. À cette occasion, un livret de 64 pages est publié, regroupant les prises de parole d'auteurs tels que Sylvain Tesson, Laure Adler, Amélie Nothomb et Daniel Pennac, sous la bannière « Libérez Boualem Sansal ».
À de multiples reprises, dans Le Figaro, sur France Info TV et d'autres chaînes de télé, Lina Murr Nehmé, historienne et politologue, appelle également à la libération de Boualem Sansal.
L'écrivain algérien Kamel Daoud apporte également son soutien à Boualem Sansal. Il rappelle l'attachement de ce dernier à la France « des Lumières », qu'il décrit comme « pas sa terre seulement, mais toute sa légende universelle ».
En mars 2025, l'organisation internationale des auteurs PEN International lance une campagne dédiée intitulée Boualem Sansal case file. L'organisation dénonce l'usage de chefs d'inculpation liés à la « sécurité nationale » qu'elle considère comme détournés pour viser des critiques du gouvernement, et appelle les gouvernements étrangers à intervenir pour obtenir la libération de l'écrivain. C'est également l'avis de François Zimeray, l'ancien avocat français de Sansal, qui considère que son client est « clairement l'otage de la relation dégradée entre Paris et Alger » et « l'objet d'une persécution. »
À la suite de sa libération par les autorités algériennes, la présidence fédérale allemande affrète un avion du gouvernement pour aller le chercher à Alger. Dans la soirée du 12 novembre 2025, il est acheminé vers Berlin en compagnie de Wolfgang Dold, le conseiller aux affaires étrangères de M. Steinmeier. Il y séjourne quelques jours dans un hôpital militaire pour y recevoir des soins médicaux. Le 18 novembre, il est de retour en France où il est reçu brièvement par le président de la République au palais de l'Élysée.

Après son retour, il accorde sa première interview à France Télévisions où il raconte son arrestation, ses conditions de détention et sa libération, évoque ses problèmes de santé et mentionne le sort de Christophe Gleizes.
Lors de son interview le 24 novembre par le quotidien Le Monde, il se montre préoccupé par sa situation matérielle : « Mon téléphone, mon ordinateur, mes archives, vingt ans de travail? toutes mes affaires sont restées en Algérie, certaines sont encore considérées comme des pièces à conviction, donc aux mains de la justice. Ma femme et moi allons nous installer ici, en France, mais il faut qu'on trouve quelque chose, un endroit où habiter, ça prend du temps. Et mes comptes sont bloqués. »
Le 29 novembre 2025, deux semaines après sa libération, son passeport est désactivé par les autorités algériennes, après des déclarations jugées controversées sur l'Algérie dans des médias français, contraignant l'écrivain, qui détient la double nationalité algérienne et française, à solliciter un visa pour entrer dans son pays d'origine. Dans ses déclarations il évoque son souhait de revenir en Algérie pour, selon ses mots, « corriger l'injustice subie », est interprété comme un défi ouvert par les autorités. Sur le plan juridique, la désactivation technique du passeport n'équivaut cependant pas au retrait de la nationalité algérienne. Néanmoins, il n'envisage pas un retour immédiat : « Si j'y allais maintenant, ce serait une provocation inutile. Je préfère attendre que tout se tasse, que Christophe sorte, et que le pouvoir comprenne qu'il doit arrêter d'emprisonner les gens ».
Le 4 décembre 2025, sous la coupole de l'Académie française, il reçoit le prix mondial Cino-Del-Duca, qui célèbre une ?uvre qui porte « un message d'humanisme moderne ». Le 18 juin, une remise symbolique du prix y avait déjà été organisée alors qu'il était encore détenu en Algérie.
Le , il est décoré de la Légion d'honneur.
Le 26 janvier 2026, il reçoit en main propre la médaille d'honneur de la Ville de Strasbourg, récompense qui lui avait été attribuée le 16 avril 2025 à la fin de l'année Strasbourg Capitale mondiale du livre de l'Unesco. Présent à l'inauguration en avril 2024 et parrain de l'évènement, sa détention à partir de novembre 2024 par les autorités algériennes l'empêche de participer à la suite de la manifestation. Remise en son absence lors de la cérémonie de clôture en avril 2025, la médaille est confiée provisoirement à son ami Kamel Daoud jusqu'à sa libération.
Le , il est élu à l'Académie française par 25 voix sur 26 pour le fauteuil numéro 3, laissé vacant depuis le décès de Jean-Denis Bredin en 2021. Le 11 décembre 2025, une première élection, à laquelle il ne participait pas, avait déjà eu lieu pour ce fauteuil. Aucune majorité ne s'était dégagée après trois tours et l'élection avait été reportée. Sansal s'était porté candidat par écrit le 8 janvier auprès d'Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l'Académie. Il a également envoyé à chacun des 35 membres « la meilleure lettre de candidature possible ».