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Naissance | Lons-le-Saunier |
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Décès |
(à 87 ans) Chambéry |
Sépulture |
Cimetière de Frontenay (d) |
Nom de naissance |
Bernard Charles Henri Clavel |
Nationalité |
française |
Activités |
Écrivain, critique d'art, auteur de littérature pour la jeunesse, journaliste |
Membre de |
Académie Goncourt (- Coordination pour l'éducation à la non-violence et à la paix (d) (- |
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Mouvements |
Littérature prolétarienne, résistance intérieure française, non-violence |
Genre artistique |
Roman du terroir |
Distinctions |
Prix Goncourt (Les Fruits de l'hiver) () Liste détaillée Prix Eugène-Dabit du roman populiste () Prix Goncourt (Les Fruits de l'hiver) () Grand Prix littéraire de la Ville de Paris () Chevalier de l'Ordre national du Québec? () |
Les Fruits de l'hiver, Pirates du Rhône, Malataverne, Le Seigneur du fleuve, Cargo pour l'enfer |
Bernard Clavel, né le à Lons-le-Saunier (Jura) et mort le à Chambéry (Savoie), est un écrivain français qui a obtenu le prix Goncourt 1968 pour le roman Les Fruits de l'hiver.
Principalement connu comme romancier, il est aussi l'auteur d'essais, de poèmes et de contes pour la jeunesse.
Issu d'une famille modeste du département du Jura (son père est boulanger et sa mère fleuriste), il fréquente l'école de Lons-le-Saunier et passe souvent ses vacances à Dole chez son oncle Charles Mour, qui deviendra L'oncle au képi blanc et le héros du Soleil des Morts. Il quitte l'école à quatorze ans (1937) et effectue un apprentissage de pâtissier.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'Armée d'armistice, constituée à la suite de la Débâcle. Clavel quitte alors une première fois son Jura natal pour Castres, espérant passer en Espagne. Il reviendra à Gevingey pour travailler dans les vignes, où il connaîtra Hyacinthe Perez, le « Pablo Sanchez » de L'Espagnol. Il gagne rapidement la clandestinité du maquis du Jura. À la Libération, il s'installe à Vernaison, vers Lyon, où il exerce divers petits métiers et se tourne vers les mots.
Par la suite, il exerce différents métiers, tout en se formant en autodidacte, et devient journaliste dans les années 1950. Sans aide, sans conseiller, sans véritable maître, dès l'adolescence, il peint et écrit, songeant en secret au jour où il pourra se consacrer totalement à l'art.
Il a deux enfants (Rolland et Yves) avec sa première épouse, Andrée Clavel-David avec qui il partage sa vie de 1945 à 1978. Il dira d'elle « Je dois dire que si je n'avais pas eu la femme que j'ai, si je ne l'avais pas rencontrée, je crois que je n'aurais jamais écrit ce que j'ai écrit (...). J'ai eu la chance d'avoir une femme qui non seulement me soutienne, m'aide dans mon travail, mais qui accepte de prendre avec moi tous les risques. (...) Je dois rendre grâce à ma femme de m'avoir toujours aidé »
Au cours d'un voyage à Montréal en 1977, il rencontre la romancière québécoise Josette Pratte, qui deviendra sa femme et avec qui il vivra jusqu'à sa mort. Il dira que son mariage avec elle a insufflé « à son ?uvre une deuxième vie. » Il vivra en partie au Québec qui lui inspirera sa saga Le Royaume du Nord.
Il voyage beaucoup, déménage près de 42 fois (Paris, Canada, Irlande, Suisse, Bordelais...). Il fuit les honneurs, par exemple il refuse la Légion d'honneur. Élu à l'académie Goncourt en 1971 au couvert de Jean Giono, il en démissionne en 1977, trop pris par l'écriture pour consacrer tant de temps à la lecture, et plus à l'aise dans les grands espaces que dans les salons où se nouent les intrigues.
Il meurt en 2010.
Il publie son premier roman, L'Ouvrier de la nuit, en 1956, poussé par Jacques Peuchmaurd, directeur littéraire et ami qui croit en lui.
C'est le début d'une série de près d'une centaine de titres, principalement des romans, parfois constitués en sagas comme La Grande Patience (quatre volumes, 1962-1968), Les Colonnes du ciel (5 volumes, 1976-1981) et Le Royaume du Nord (6 volumes, 1983-1989).
En quarante ans, il publie près de quatre-vingt-dix livres qui seront traduits dans une vingtaine de pays. Certains de ses romans connaissent des tirages qui atteignent plusieurs millions d'exemplaires pour la seule langue française.
Bernard Clavel a reçu plus de 20 prix littéraires dont le Prix Goncourt pour Les Fruits de l'hiver, les Grand Prix de la Ville de Paris et de la Ville de Bordeaux pour l'ensemble de son ?uvre, le Prix des Maisons de la Presse...
Il a été reçu chevalier de l'Ordre national du Québec en 2002.
Bernard Clavel a été un actif militant pacifiste et pour les droits de l'Homme. Son ?uvre reflète ces engagements. Par exemple, la Lettre à un képi blanc (1975) est adressée à un soldat de la Légion étrangère qui avait écrit en réaction à son roman Le Silence des armes (1974), où Bernard Clavel défendait l'insoumission pendant la guerre d'Algérie.
Ami avec tous les courants de pensée de cette mouvance, il était souvent reçu à Radio Lyon cours Gambetta, où il côtoyait René Fonteret, Paul Rivier, Jo Darlays, Gérard Nony, Robert Lajoy, Maurice de Thou, Claude Maret.
Mort en Savoie, il est inhumé dans le Jura, à Frontenay, à quelques kilomètres au nord de Lons-le-Saunier.